Monthly Archives: April 2005

norfolk & western – middle east downstairs, 12 avril 2005

norfolk & western - live @ middle east downstairs, apr 12, 2005

la suite par ici ou ci-dessous…

m. ward - live @ middle east downstairs, apr 12, 2005

Sa tournée en solo à
peine terminée, M Ward rempile et repart sur la
route pour promouvoir son album Transistor
Radio
. J’ai pris ces quelques photos mardi soir
lors du show au Middle East Club, à Cambridge.
Le luxueux backing-band qui
l’accompagne, c’est Norfolk
& Western
, qui assure également la
première partie lors de cette tournée.
Norfolk & Western est
composé d’Adam Seltzer,
Rachel Blumberg (anciennement membre des Decemberists) et Zak Riles.
Ils jouent de magnifiques morceaux rock-folk-country
mélancoliques, et
viennent de terminer un album intitulé If
You Were Born Overseas
, pas encore sorti mais en vente
à leurs concerts, dont on peut écouter deux
extraits sur leur site.

M Ward en groupe, c’est
très différent de M Ward tout seul, même
si le concert commence et se termine comme à
l’accoutumée par des morceaux instrumentaux.
Entre ces deux repères, une
dynamique de groupe s’installe, et c’est un plaisir
de voir ces gens heureux de jouer ensemble.
M Ward sourit, plaisante. Sa voix est
comme toujours un
torrent de cailloux, celle de Rachel lui est un superbe contrepoint. La
section rythmique et les multiples guitares donnent un
éclairage
différent aux déchirants blues de Matt.
Jusqu’à transformer Vincent O’Brien en une
tuerie de power-pop.
Pour vous donner une idée avant
la date du 10 mai au café de la danse : une session qu’ils ont
donnée sur KCRW il y a 2 semaines.

tour john hancock: le matin – le soir

john hancock tower in the morning
depuis qu’on a changé d’heure, j’attends ces quelques semaines avec impatience: quand je sors du métro en rentrant chez moi, c’est pile le moment où le soleil se couche sur la ville. la lumière est incroyable, la température de l’air tombe un peu tandis que le sol rayonne encore la chaleur de la journée. c’est presque le crépuscule. au bout de la rue, l’ouest.
john hancock tower in the evening

put the book back on the shelf

godspeed m’a refilé le questionnaire qui fait fureur! je m’exécute avec délectation. mais dans un mois, cette liste serait différente, bien entendu.

1. combien lisez-vous de livres par an?

mmm, voyons… je lis beaucoup. environ 3,75 livres par jour. ça fait donc 1368,75 livres par an, sauf les années bissextiles, où ça fait 1372,5 livres.
bon, disons juste que je me rends au travail en métro, dans lequel je passe 1h30 par jour, et que j’aime lire. je lis beaucoup de romans (j’emprunte ceux en français à la bibliothèque française, qui se trouve près de chez moi) et pas mal de bandes dessinées.

2. quel est le dernier livre que vous ayez acheté?

haruki murakami – kafka on the shore. c’est le dernier roman traduit en anglais de murakami, un écrivain japonais que j’aime énormément. si la trame de l’histoire part moins dans tous les sens que dans son précédent pavé the wind-up bird chronicle, on y retrouve néanmoins tous les éléments du style murakami. des personnages tordus et attachants, un d’entre eux a une particularité physique comme dans tous ses romans. la réalité se mêle au rêve. les histoires d’amour sont tragiques. c’est métaphysique. c’est moderne. c’est exceptionnel.
si vous souhaitez découvrir murakami, je vous conseille la chasse au mouton sauvage, une histoire plus ou moins policière qui bascule dans le fantastique à la moitié du livre, un bonheur. et aussi les amants du spoutnik, une histoire d’amour à tomber par terre.

3. quel est le dernier livre que vous ayez lu?

didier van cauwelaert – l’évangile de jimmy, piqué dans les nouveautés de la bibliothèque. c’est l’histoire d’un bonhomme qui est le clone de jésus, fabriqué avec le sang trouvé sur le linceul de turin. pas mal, manque un peu de souffle dans la deuxième partie. j’ai trouvé le personnage de jimmy très réussi. j’ai été amusé de voir ouahad citer ce roman récemment.

4. listez 5 livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.

john fante – la route de los angeles. premier roman de fante, dans lequel on fait connaissance avec son alter-ego arturo bandini. il y a tant d’énergie dans son écriture! fante dépeint son amérique tout au long de son oeuvre, ses envies de réussir, d’exister, de tout casser, son amour complexe de sa famille italienne… ça me fait drôle de me dire ça mais je crois que la lecture de fante n’est pas étrangère à ma présence aux usa.
boris vian – l’écume des jours. c’est quand j’étais à l’armée (10 ans déjà), que j’ai enfin compris ce qu’on m’avait dit à l’école depuis toujours: on lit pour s’évader. ce que je préférais, dans ma banette (c’était sur un bateau), c’était boris vian, un peu de poésie dans ce monde de brutes. bon, j’aime aussi beaucoup vernon sullivan alors le raisonnement ne se tient pas vraiment.
jean patrick manchette – morgue pleine. j’ai choisi celui-là car c’est le premier manchette que j’ai lu et que j’adore le nom du protagoniste principal (impossible de dire héros): eugène tarpon. c’est noir.
moebius – le garage hermétique. j’ai toujours bien aimé les bd, depuis tout petit, j’ai piqué les tardi de mon père un peu trop tôt sans doute, mais c’est vraiment cette oeuvre là qui m’a donné envie de regarder ailleurs. je l’ai lue en 91 pour la première fois, lors d’une réedition. j’ai été immédiatement happé par le graphisme, l’esprit, le scénario ou plutôt le non-scénario… j’y reviens souvent. mes auteurs favoris depuis quelques temps: jfar, david b.
nick hornby – haute fidélité. comment ne pas inclure le roi des top 5 dans un top 5? comme godspeed, je me suis reconnu dans ce livre (toutes proportions gardées), des amis m’y ont aussi reconnu.

le garage hermétique - moebius

5. a qui allez-vous passer le relais (3 blogs) et pourquoi?

riqo – quand il me parle de musique, ça m’intéresse toujours. alors, parlons de livres. et aussi, je voudrais voir d’autres photos comme celle-là.
gino – là, je pense découvrir des choses phénoménales qui me sont complètement inconnues… l’avis d’un pro, quoi. sa liste ici
jr – surpris que personne ne lui ait déjà demandé. a déjà donné quelques indices en janvier, mais je serais curieux de voir ce qui a changé depuis. sa sélection ici.
maxime a fait part de ses choix ici.

day trip to dc

reagan airport, washington dc

vendredi, de passage à washington dc pour la journée. première fois que je vois le pentagone en vrai, par le hublot. je n’avais jamais réalisé que tous ces bâtiments étaient si proches les uns des autres: maison blanche, capitole, pentagone… l’aéroport reagan est joli, une architecture très aérienne, du métal, un peu art nouveau. pour le retour en fin d’après-midi, l’avion aura 2 heures de retard au départ. je me suis bien daillé (sauf pendant les 40 secondes époustouflantes où j’ai vu passer l’hélicoptère présidentiel), du coup j’ai pris les photos que vous voyez bouger sur la droite.
il s’avère qu’il est interdit par la loi de se lever dans les 30 dernières minutes d’un vol qui va se poser à washington, tout comme dans les 30 premières minutes d’un vol qui en part. j’avoue avoir eu envie de savoir ce qui se passe quand on se lève, mais finalement, non.
merci à riqo pour le petit bout de flash qui anime les photos

j’ai vu michel gondry… sur un écran

le réalisateur de eternal sunshine of the spotless mind était de passage pour une rencontre au mit. c’était prévu à 18h30, et une demi-heure avant (sans compter le temps qu’il a fallu pour se perdre dans les couloirs de la prestigieuse université), la queue était déjà interminable, mais disciplinée. on aurait cru attendre pour un concert d’arcade fire: festival des plus beaux looks d’indie-poppers (rayures et baskets) et des plus belles moues d’indie-poppeuses (franges et baskets). en octobre dernier, michel gondry pouvait prendre le rer tranquille, il n’y avait que chryde pour venir lui taper sur l’épaule… mais là, maintenant, c’est la foule. le programmateur des concerts du museum of fine arts est dans le coin aussi (barbe et baskets, un dissident de la fraction écologie-banhart).
un gentil employé du mit vient nous signifier qu’on est vraiment trop loin, qu’il vaut mieux ne pas espérer rentrer. on insiste, mais non. damn. heureusement l’entretien est retransmis dans une salle pas trop loin, alors faute de mieux… et puis au moins on ne me confisquera pas mon appareil photo.

michel gondry @ mit, apr 5 2005

ce bonhomme est extraordinaire. il a toujours 12 ans, comme il le dit lui-même dans ce superbe docu. il est d’une humilité et d’une modestie tout à fait incroyables. ses travaux comme certains clips des white stripes, de björk, de daft punk, peuvent sembler fabriqués avec des bouts de ficelle mais il explique que justement, pour atteindre ce résultat il faut faire preuve d’une rigueur obsessive, et inventer sans cesse de nouvelles méthodes, vidéo, électroniques ou mécaniques, do it yourself.
il a évoqué ses premiers pas dans le monde des vidéo clips, sans citer de nom, mais on a compris qu’il n’avait pas aimé ses premiers contrats, et qu’il n’a pas toujours travaillé pour les plus grands. aller lentement, ne pas en demander trop à ses débuts. mais aussi, commencer des choses pour les finir, toujours. ne pas aller vers la gratification immédiate. être borné. dire aux acteurs qu’ils sont bons: c’est plus facile en anglais, un fantastic ou un awesome ravira toujours, alors que leurs équivalents français sont ridicules.
son frère olivier, qui lui fabrique quelques effets spéciaux numériques, était présent également, il parle anglais avec un accent à couper au couteau, et semble d’une bonne humeur et d’une joie de vivre à toute épreuve.
michel gondry, grand artiste timide, un pied à versailles, un pied à hollywood.

director files: michel gondry
le monde de michel gondry
biographie sur wikipedia

ça me tient hacker

screwdriversune tendance se dégage sur les blogs américains en cette fin de début d’année 2005: le truc chaud chaud chaud c’est le hacking. qu’est-ce que le hacking? c’est, en gros, faire preuve de malice pour fabriquer un objet, détourner l’utilisation d’un autre, bidouiller un troisième, accomplir une tâche répétitive plus rapidement ou plus agréablement… mais oui, c’est le retour du système d de papi.

autre signe des temps: le magazine make, publié par o’reilly, edité par mark frauenfelder (de boing boing), est dans le même esprit, celui des gens qui aiment bien voir comment ça marche à l’intérieur, ces fichues machines.

plusieurs blogs sont presque exclusivement consacrés à ces hacks, qui peuvent être plus ou moins techniques, plus ou moins marrants, plus ou moins en rapport avec la productivité, l’efficacité. (je ne rentre pas dans le débat de savoir si la productivité, c’est bien ou c’est mal). ces blogs se lient les uns les autres, signe d’un small world en évolution.

c’est parfois un peu trivial (une liste de raccourcis claviers pour firefox, ou bien des tips un peu limites comme: quand ça sent bon dans le salon, ça veut dire que c’est cuit!), parfois un peu facile à dire (comme: pour attirer des gens sur votre blog, racontez des trucs intéressants), mais on y trouve quand même des choses tout à fait intéressantes.

sélection plus ou moins utile:
choisir une palette de couleurs qui vont bien ensemble (pour un site web par exemple)

construire soi-même son ipod stand

fabriquer son propre papier cadeau

construire un ampli guitare avec une dreamcast

l’art de manager son chef

avoir toujours de quoi noter: the hipster pda

trucs et astuces divers (random rules of thumbs)

les blogs à suivre si ça vous branche:

life hacker

make: blog

43 folders (ce type est malade des carnets moleskine)

slacker manager

hack a day

it’s all in the past

HD 209458b et TrES-1
il y a quelques semaines la nasa a mesuré directement la lumière provenant de deux planètes hors du système solaire. c’est la première fois que cette mesure est directe. ces planètes sont situées à des centaines d’années lumières de la terre, dans le passé. ça me sidère.

edith helena

il y a aussi ce site web, tin foil, qui regroupe des enregistrements du début du siècle dernier, des cylindres de cire sont transformés en mp3. je vous propose dans la radio un morceau étrange chanté par edith helena en 1907, il s’agit d’une imitation vocale du violon, sorti à l’époque sur edison records. me dire que cet enregistrement a 100 ans, ça me sidère. je trouve ça super.

mp3  edith helena-cavalleria rusticana(1907)

sin city

hier soir, vu sin city, film adapté de la bande dessinée (graphic novel) de frank miller, et réalisé par robert rodriguez.
les bande-annonces et les affiches de teasing étaient réussies, et j’aime beaucoup les bd de frank miller (comme ronin, the dark knight returns, et des vieux wolverine), j’avais donc hâte de voir le résultat.

…plutôt râté. pourtant, oui, comme vous le lirez ailleurs, tout y est. plan pour plan comme dans la bd. les acteurs fidèles aux personnages à la grimace près. le noir et blanc rehaussé d’une couleur. l’esprit hard boiled, la violence, les femmes fatales, les flics et les gangsters, etc etc etc.

tout est tellement proche de l’original, et pourtant, ça ne fonctionne pas. je crois que c’est un problème de rythme, de mise en page impossible. on ne peut pas adapter une bd au cinéma, ça n’a pas de sens. je pensais sans cesse aux réflexions de scott mc cloud et de will eisner, qui disent qu’en bd, l’important se passe entre les cases. c’est sans doute vrai et c’est bien cela qui est intransposable.

mention spéciale quand même à bruce willis, et une pensée pour l’acteur qui le doublera.

la critique du film dans le new yorker, qui met le doigt sur pas mal de choses, notamment la présence de tarantino dans les crédits, l’émancipation d’elijah wood, et le retour du passé.